Cèpe
Momus : Ça alors petit d’homme, tu chantes !
Saulino : Oui, Momus.
Momus : Eh bien quoi ?! Parle ou bien à mon tour j’entamerai une de ces danses dont j’ai le secret.
Saulino : Je l’ai vu Momus, celui dont « on » ne peut prononcer le nom.
Momus : Voldemort ?
Saulino : Non, Momus, tu ne fais plus rire personne. Ecoute, regarde, pense ; je l’ai vu comme je te vois.
Momus : Soit petit d’homme. Mais as-tu oublié d’où « je » viens ?, c’est tous les jours que j’ai affaire à lui. Décris-le moi donc, eh, pantin!
Saulino : Il est grand, il est petit, il est elle. Il est là, il est parti, l’oxymore, le pléonasme, la litote. Juif, ouigour, africain. Vert-jaune et il se boit.
Momus : Si tu dis vrai, compagnon, précise alors l’endroit d’où il - ou elle, "on" ne te suit plus - t’est apparu(e).
Saulino : Au barycentre, Momus, des antiques plaines Mongoles.
Momus : Et qu’en as-tu retenu, petit d’homme ?
Saulino : Le Nous impossible, Moi et la table des Rois. Ecoute, Momus, et désapprend à apprendre :
Petit 1…
Momus : C’est lui qui le dit.
Saulino : Petit 1 donc :
- « Je » suis l’indescriptible.
Petit 2 et j’arrêterai là ces préambules :
- « Je » suis l’imparable.
- L’autre est un « je ».
Momus : Et de trois.
Saulino : Quatre :
- Moi c’est « tu ».
- « Tu » c’est le mal.
- Le mal est inévitable.
Momus : Ça fait six petit d’homme, ne me dis pas que tu…
Saulino : L’inévitable c’est ce que l’ « on » doit éviter
- « On » est un âne
- Ce que l’ « on » doit, « je » le peux.
Momus : Une poule sur un mur qui picore du pain dur, picoti, picota…
Saulino : « Nous » c’est l’imbitable, de facto.
- « Vous », le Moi élagué.
Momus : Roulement de tambour.
Saulino : « Je », « nous », « vous » c’est-à-dire Dieu(x).
Saulino : Ainsi soit-il, Momus.
Momus : Amen…
