Prier Dieu d’être libéré de Dieu
--> synonyme : limbes
On s’interroge sur la condition de la nature après le jugement dernier : y aura-t-il une renovatio de l’univers ? Le mouvement des corps célestes cessera-t-il ? La splendeur des éléments augmentera-t-elle ? Qu’elle sera le sort des animaux et des plantes ? La difficulté logique à laquelle se heurtent ces questions est la suivantes : si le monde sensible a été ordonné en vue de la dignité et de l’habilitation de l’être imparfait, quel sens pourra encore lui être assigné, lorsque celui-ci aura atteint sa destination surnaturelle ? Comment la nature pourra-t-elle survivre à l’accomplissement de sa cause finale ?
Pour le comprendre, un bref aperçu de la nature limbale est requise:
Selon les théologiens, la peine infligée aux enfants morts sans baptême, dont l’unique faute est le péché originelle, ne peut être une peine afflictive, comme celle de l’enfer, mais uniquement une peine privative telle que l’absence perpétuelle de toute vision de Dieu. Cette peine d’ailleurs, fait de l’enfant non baptisé l’équivalent de l’être esquissé ici. Toutefois, contrairement aux damnés, les habitants des limbes n’éprouvent aune douleur de cette privation ; car ils sont pourvus d’une connaissance naturelle et non surnaturelle, celle-ci étant implantée en nous par le baptême ; ils ne se savent pas privés du souverain bien, ou, s’ils le savent, ils ne sauraient s’en affliger plus qu’un homme raisonnable ne souffre de ne pouvoir voler. De plus, leurs corps, tel le corps des bienheureux, demeure impassible, mais uniquement par rapport à la justice divine ; pour le reste, ils jouissent pleinement de leurs perfections naturelles.
L’absence de vision de Dieu se renverse ainsi en allégresse naturelle : irrémédiablement perdus, ils demeurent sans souffrance dans l’abandon divin. Ce n’est pas dieu qui les a oubliés, mais ce sont eux qui l’ont oublié depuis toujours, et, contre leur oubli, l’oubli divin reste impuissant. Ni bienheureux comme les élus, ni désespérés comme les damnés, ils sont remplis d’une joie à jamais irrésolue.
Proprement impossible à sauver est en effet la vie où rien n’est à sauver. Et il ne s’agit ni d’hybris païenne ni de timidité, mais simplement d’une impassibilité limbale des créatures face à la justice divine.
La vie qui commence sur terre après le dernier jour est donc simplement la vie (Parure).
Pour le comprendre, un bref aperçu de la nature limbale est requise:
Selon les théologiens, la peine infligée aux enfants morts sans baptême, dont l’unique faute est le péché originelle, ne peut être une peine afflictive, comme celle de l’enfer, mais uniquement une peine privative telle que l’absence perpétuelle de toute vision de Dieu. Cette peine d’ailleurs, fait de l’enfant non baptisé l’équivalent de l’être esquissé ici. Toutefois, contrairement aux damnés, les habitants des limbes n’éprouvent aune douleur de cette privation ; car ils sont pourvus d’une connaissance naturelle et non surnaturelle, celle-ci étant implantée en nous par le baptême ; ils ne se savent pas privés du souverain bien, ou, s’ils le savent, ils ne sauraient s’en affliger plus qu’un homme raisonnable ne souffre de ne pouvoir voler. De plus, leurs corps, tel le corps des bienheureux, demeure impassible, mais uniquement par rapport à la justice divine ; pour le reste, ils jouissent pleinement de leurs perfections naturelles.
L’absence de vision de Dieu se renverse ainsi en allégresse naturelle : irrémédiablement perdus, ils demeurent sans souffrance dans l’abandon divin. Ce n’est pas dieu qui les a oubliés, mais ce sont eux qui l’ont oublié depuis toujours, et, contre leur oubli, l’oubli divin reste impuissant. Ni bienheureux comme les élus, ni désespérés comme les damnés, ils sont remplis d’une joie à jamais irrésolue.
Proprement impossible à sauver est en effet la vie où rien n’est à sauver. Et il ne s’agit ni d’hybris païenne ni de timidité, mais simplement d’une impassibilité limbale des créatures face à la justice divine.
La vie qui commence sur terre après le dernier jour est donc simplement la vie (Parure).
