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Gruyère
--> Trou(x)
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Psellos : Hum hum.

Momus : Tiens !, un homme, constant entre tous - évidement - et consacré, cela va sans dire, par les .

Saulino : Viril oui et inconséquent.

Momus : Haaaa...Haaaa....

Psellos : Oui, Momus, là-haut aussi et contre toute attente "on" - l'âne voir et - me presse à votre rencontre. Et puisqu'une seconde ici vaut pour des années là-bas, vois comme j'ai déjà en main la partie la plus noble de mon propos. Écoute donc, .

Momus : Tchoum !

Psellos : J'ai donc moi aussi, Saulino, vécu en des temps où le boeuf le disputait à l'écrevisse et où la plus scabreuse des tortues se prenait, non sans mal il est vrai, pour un lion à deux têtes. Le grand Orient se moquait alors ouvertement de notre science tandis que les miens, tel des porcs incontinents, s'attifaient de la plus odieuse des prétentions et toisaient la saine et pourtant puérile vertu des philosophes. Ainsi, s'il est beau d'aimer la magnifıscence de la maison du seigneur et le tabernacle de sa gloire, et de préférer maintes fois être méprisé dans celui-ci plutôt que de tenir d'autres sont bonheur reste que rien ne doit nuire à cette fın sacré ; que beaucoup d'injustice donc n'y concourent pas ; que les affaires publiques ne soient pas dans la confusion et que le corps de l'état ne soit pas abattu ! Car celui qui repousse l'offrande de la prostituée et qui rejette avec dégoût le sacrifice du criminel comme d'un chien ne s'approcherait en aucune façon d'édifices somptueux et sacrés qui sont la cause de beaucoup de malheurs. Ces hommes donc - les crabes de ton temps, petit d'homme-, savent faire de la philosophie dans les questions d'école ; ils savent les syllogisme du sorite et de personne mais, dans les oeuvres, ils ne savent pas précisément montrer un esprit philosophique.

Saulino : Quel est donc ce bâtard, Momus, qu'"on" rappelle à la vie ? L'injonction et l'homélie n'est-ce pas ce qui nous accable et, avant toute chose, l'indice le plus saillant de l'inversion vicieuse : l'âme sur le corps, le corps sur l'esprit et l'un sans l'autre ?

Momus : Mais si tu es incapable, petit d'homme, de saisir ce qui précisement fait de cet écrivain un homme de son temps et de trier parmi ses paroles, pour ainsi dire, le bon grain de l'ivraie c'est que tu ne vaut pas mieux que ces arrivistes que tu prétends malmener.

Psellos : Je m'attendais, Momus, étant plus que quiconque versé dans l'art de la rhétorique et de la vaine persuasion à cette réaction digne d'une âme que le saint perfectionnement mène du bout de ses cents doigts.

Saulino : Et flatteur avec ça ! Quel odieux personnage.

Momus : Tu n'as encore rien entendu petit d'homme, écoute donc ce qui va suivre.

Psellos : « Difficilles sont les belles choses », disent ceux qui parlent par dicton: S'il en est ainsi, la jalousie rampe même contre ceux qui détiennent le pouvoir, et si quelque part a poussé - je parle de ce qui généralement arrive dans toutes les circonstances - une fleur ou une d'une nature féconde, ou d'une grande noblesse de sentiments, ou de quelques autres qualités, sur-le-champ arrive le , et voilà coupée cette partie de la plante, et il pousse à coté des rejets qui ne donnent que du bois sans fruit aucun, et l'épine grandit, pullulant de plus en plus. Et il n'y a rien de surprenant si quelqu'un d'inférieur aux natures admirables a coutume ensuite de les regarder d'un mauvais oeil.

Momus : Ah ! C'est bien de toi dont il est question, Saulino! Le fond, la forme et l'inversion, tu saisi(e)s ?!

Saulino : Et comment dois-je prendre cette communauté fantasque, mes frères comme tu t'amuses à les appeler ?, un pacte artificiel et qui plus est presidé par le plus sournois des Dieux ? Toutes ces billevesées impressionnent peut-être les vieilles filles et les arrogant(e)s...

Momus : Pas du tout petit d'homme et je te le dis en matière de prophétie - et tu sais bien qu'en ce domaine "je" suis réellement imbatable. Continue donc, Psellos, et excuse cet ingrat, il ne sait pas ce qu'il mérite.

Psellos : Bon, pour tout dire, j'avoue que j'ai un peu de mal à saisir le pourquoi du comment du où vers quand de ce conciliabule. Mais les voix du ciel, si elles sont bien impénétrables pour de simples mortels, tonnent drues pour qui se propose messager des dieux. La plupart donc qui se sont occupés d'écrire l'histoire des empereur(e)s s'étonnent de ce qu'aucun(e) d'eux n'a eu jusqu'à la fin une bonne renommée : chez l'un(e), ce sont les belles années du début qui sont les plus belles ; chez l'autre, c'est la vie de la fin qui est la meilleur ; les un(e)s ont préféré la vie de jouissance ; les autres se sont d'abord appliqués en quelque manière à agir en philosophes, et puis, confondant leurs principes, sans ordre aucun, ont passé leur vie dans l'incohérence. Pour moi, je ne saurais m'étonner de cela ; c'est le contraire qui m'étonnerait, si jamais il se produisait chez quelqu'un. En effet, on trouverait peut-être jusqu'à la fin un particulier qui a suivi une seule et même ligne, et encore en est-il peu d'exemplaire ; car pour un particulier sont peut-être une condition suffisante pour la vertu les dispositions naturelles de l'âme et le bon commencement de la vie mais pour un empereur(e) ?

Suıvant cela donc l'âme des princes éprouve-t-elle le besoin de se montrer accessible à la douceur ? Cette disposition donne sur le champs matière à reproche ; s'abandonnent-ils à des sentiments humain ? On proclame leur ignorance ; s'eveillent-ils à la sollicitude ? On crie qu'ils se mêlent de tout ; font-ils un effort pour se défendre ? En viennent-ils à la sévérité ? Tout est colère, irritation, raillerie amère, et, s'ils veulent faire quelque chose en secret, plus facilement le mont Athos resterait caché aux regards de leurs actions : ils ne leurs suffit pas alors, d'avoir le diadème et le pourpre ; mais s'ils n'étaient pas plus sages que les sages et plus habiles que les habiles, pour tout dire d'un mot, s'ils n'étaient pas les sommets dominants dans toutes les vertus, ils considéreraient cela comme une chose indigne, et, s'ils ne nous étaient pas préposé(e)s comme des dieux, ils ne voudraient pas régner autrement. J'en ai vu moi-même, petit d'homme, qui eussent préféré mourir sans avoir le secours de personne que devenir fort(e) par elles ; et, alors qu'ils devraient s'enorgueillir de ce qu'une main secourable leur a été préparée par Dieu, eux, ils préfèrent la retrancher, parce que c'est d'elle que leur est venu ce secours.

Momus : Alors, petit d'homme ?

Saulino : Alors rien, Momus. Mais en attendant, m'autorises-tu à me declarer l'ennemi(e) des hommes, de ceux-là qui non content de ne retenir de leurs lectures que l'acte et le manque ainsi occupé se vantent d'autant plus de certaines d'entres-elles qu'ils ont - pire en cela que le plus sôt des ânes - buté sur chaque mot ? Et par la même de me flatter de l'amitié et de la sympathie des fous et des indigents ?

Psellos : Petit d'homme, j'anticipe peut-être mais je crois que tu saisis ce que nous essayons, Momus et moi, de te faire comprendre. L'empereur(e), tout divin qu'il est, reste un animal et l'homme est et restera cet animal qui varie aisément, surtout lorsque de puissants motifs à variation lui viennent du dehors. L'empereur(e) donc c'est toi, c'est toi et Momus, particulier universel s'il en est.

Momus : Et cette dont tu te fais le héraut ce sera bien entendu ce qui nous permettra d'éviter qui nous cause tant de tords.

Saulino : C'est l'hôpitale...

Psellos : Parfaitement petit d'homme.

Saulino : Ainsi soit-il.

Momus : Amen.

Ecrit par KdP, le Vendredi 4 Septembre 2009, 17:10 dans la rubrique Théologie.